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[2008-15] Ecoseine : Evaluation et régulation économique des déterminants du changement d’utilisation des terres agricoles du Bassin de la Seine

Coordination : Pierre-Alain Jayet - UMR Economie Publique (INRA AgroParisTech)

Objectifs

En lien avec le thème « modélisation socio-économique et scénarisation prospective, agriculture du bassin de la Seine » inséré dans le volet « territoire Seine dans le changement global » du programme interdisciplinaire de recherche sur l’environnement appliqué au bassin de la Seine (« PIREN-Seine ») dans sa phase V (2007-2011), ce projet a pour objectif premier l’évaluation et la régulation économique des déterminants du changement d’utilisation des terres agricoles à l’échelle du Bassin de la Seine.

Ces déterminants sont d’ordre différent, selon qu’ils relèvent de choix économiques ou qu’ils relèvent de l’évolution du milieu physique.

Dans le premier cas, il s’agit des politiques de régulation agricole (en particulier la Politique Agricole Commune - PAC), des politiques de promotion des agro-carburants (par exemple la Directive Européenne portant sur l’incorporation de biocarburants dans les carburants consommés dans l’UE), des politiques éventuelles de maitrise des pollutions d’origine agricole (s’insérant dans la régulation des émissions de gaz à effet de serre, ou dans la régulation de la qualité des eaux).

Dans le second cas, il s’agit du changement climatique, qui pourrait modifier substantiellement le potentiel agronomique des variétés cultivées, en lien avec des changements significatifs dans la disponibilité du carbone, de l’azote et de l’eau. En matière de carbone, il convient de prendre en compte le « forçage » du dioxyde de carbone sur la croissance végétale. En matière d’azote, même si le Bassin de la Seine est peu concerné (dans sa partie centrale du moins) par les apports d’origine animale, l’évolution des disponibilités relatives de l’eau et de l’azote peut apparaître à moyen terme comme un phénomène clé de la production agricole.

A ces éléments physiques, il faudra évidemment ajouter « l’effet prix » des produits agricoles et des facteurs de production. Tous ces éléments contribueront à modifier les effets de l’agriculture sur le milieu, alimentant un ensemble d’actions et de rétroactions que l’action publique ne devrait ignorer.

Le cadre du travail est un cadre interdisciplinaire mobilisant les sciences physiques ou biophysiques et l’économie, mis en œuvre au sein de l’UMR d’Economie Publique avec l’appui des laboratoires Géosciences (Ensmp), Sisyphe (Paris VI), LSCE (CEA-CNRS), l’IFP et plusieurs équipes Inra en agronomie et sciences du sol (Grignon, Orléans, Avignon).
En l’appuyant sur des programmes en cours et sur des modèles existants, le projet proposé est un projet de thèse plus particulièrement orienté sur la prise en compte des changements de potentiel agronomique à l’échelle de groupes d’exploitations agricoles couvrant les principales activités agricoles sur le Bassin de la Seine. Il s’agira de proposer un cadre méthodologique et des évaluations du changement d’occupation des terres agricoles en relation avec les déterminants précités, tout en prenant en compte les effets externes, au premier rang desquels on mettra les différentes pollutions azotées (nitrates pour la pollution des eaux, protoxyde d’azote pour l’effet de serre, ammoniac pour les pollutions transfrontière). L’accent sera porté sur le caractère « substitut » ou « complément » de ces pollutions analysées à différentes échelles depuis le groupe type d’exploitation agricole jusqu’au Bassin de la Seine et les modalités d’une régulation économique qui en tiennent compte.

Coordination : JAYET Pierre-Alain